Interview avec Tapeworms

 Crédit photo : Thomas Girard

Crédit photo : Thomas Girard

Au moment où “Loveless” par My Bloody Valentine est sorti en 1991, tous les membres du groupe Lillois, Tapeworms, n’étaient pas encore nés. Malgré cela, cela n’a pas empêché le groupe de réunir des guitares distordues et du feedback pour créer un bruit attentivement géré (similaire à A Place to Bury Strangers), des voix rêveuses et des boucles afin de façonner leur style.

Lors de la première écoute de son premier EP, “All Stars”, Slip Inside This Sound était fasciné par la créativité et la maturité de Tapeworms. Le groupe a récemment sorti son deuxième EP, “Everything Will Be Fine” qui montre qu’ils sont plus que capable de pousser les limites encore plus loin et d’évoluer.

Pour fêter la sortie d’”Everything Will Be Fine”, Tapeworms a pris le temps de répondre à nos questions avant leurs soirées release party à Lille et à Paris.

 

Nous aimerions tout d’abord que vous vous présentiez à nos lecteurs, quels sont vos rôles dans le groupe ?

Nous sommes un trio composé de Théo Poyer à la guitare et au chant, Margot à la basse et au chant et Eliott Poyer à la batterie.

 

Vous venez de sortir votre nouvel EP “Everything Will Be Fine”, comment vous sentez-vous ? Quelles sont vos impressions par rapport au produit final ?

On est super excité et très content de partager ce nouvel EP ! Everything Will Be Fine est bien plus construit et travaillé qu'All Stars. Cette fois-ci on sent qu'on a franchi une étape, on a passé du temps sur toutes les phases de création et on s'est vraiment amusé à expérimenter de nouvelles choses pour pousser un peu plus loin nos attentes. Il faut dire qu'on a eu la chance de travailler avec Clément sur les mixes et ça nous a beaucoup aidé à faire évoluer les morceaux et notre son.

 

Racontez-nous comment s’est déroulé l’enregistrement de l’EP : où l’avez-vous enregistré ? Comment ça s’est organisé? (êtes vous entrés en studio déjà avec toutes les chansons prêtes?) Y a-t-il des groupes particuliers que vous écoutiez (ou des influences non-musicales, littéraires ou autres?) lors de la création de vos compositions ?

Alors on a enregistré comme on l'a toujours fait chez la grand mère de Théo et Eliott (et oui, ils sont frères), du coup entre deux parts de tartes aux pommes on montait enregistrer. En tout cas pour les batteries, parce que tout le reste a été enregistré un peu partout, dans nos petites chambres essentiellement. En dehors des samples la plupart des sons a été enregistré sur un petit dictaphone qu'on a trainé pendant toute la période de composition et d'enregistrement. Ce qui représente un temps assez long en fait. Les premiers morceaux ont même été composés à distance, dans des villes différentes. C'était un travail très différent de ce qu'on a pu faire sur All Stars, très communicatif et uni, et en même temps, très éclaté et personnel.

Les morceaux étaient prêts pour la majeur partie avant l'enregistrement, d'autres se sont terminés pendant et d'autres encore ne sont pas vraiment achevés... Ce qui est sûr c'est qu'ils ont tous pris corps pendant le travail de mix, on avait pas vraiment de démos finies et on a fait évoluer chaque morceau vers quelque chose de nouveau et en même temps de plus cohérent avec Clément.

On a tous les trois des orientations musicales différentes et c'est ce qu'on aime faire converger quand on compose. Comme L'EP couvre un temps assez long, chaque morceau renvoi à une période et à des références différentes pour chacun de nous. Du coup ça va du rap à l'electronica, de Rage Against The Machine à Blonde Redhead en passant par Sweet Trip, et des trucs moins récents comme Cornelius, Moonshake ou Helmet. D'autres influences pour cet EP ? Clairement Godzilla. Et puis Wong Kar Wai, Ash vs Evil Dead, Bradbury, Futura, le musée d'Histoire Naturelle de Gent, Classic 21.

 

Nous adorons la chanson, “Medicine”, c’était un choix naturel comme single pour promouvoir la sortie de “Everything Will Be Fine” ?

Pas du tout, on a tous les trois une vision très personnelle de cet EP, on y a tous travaillé de manière différente et on s'y retrouve chacun à notre façon. On a débattu longtemps avant de s'arrêter sur Medicine, ça a été le même problème pour le track listing. On ne sait même plus pourquoi on a choisi celui-ci en fait, en tout cas c'est le seul morceau pour lequel on savait exactement en arrivant au mix l'orientation qu'il allait prendre.

 

Nous avons remarqué que vous avez travaillé avec un nouveau producteur, Clément Fortin, pour l’EP, quel était son rôle lors de la phase d’enregistrement ?

Clément, avant d'être producteur c'est tout d'abord un ami. On connaissait son travail et on avait carrément confiance en ses qualités à ce niveau là. On savait aussi que la proximité nous permettrait de vraiment travailler ensemble. Travailler avec lui nous a permi de donner du sens à toutes nos compos. Il s'est beaucoup impliqué, presque autant que nous, en agissant comme un producteur sur ces chansons. Il a su écouter nos attentes et y répondre mais aussi nous accompagner et augmenter les morceaux avec sa propre interprétation, il a su garder une part de liberté dans son travail et ça c'était hyper précieux. Il a geré les mixs et le mastering de l'EP. Il fait les lights pendant nos concerts de temps en temps aussi. C’est aussi un musicien super fort, avec un univers plus proche de l'ambient et de l'IDM. Vous devriez jeter une oreille à son travail : https://soundcloud.com/amorphe

 

Avez-vous fait des choses différemment suite à votre premier EP, “All Stars” ? Quelles évolutions avez-vous remarqué depuis “All Stars” ?

Complètement. Le premier EP c'était instinctif et nécessaire, on en avait besoin pour avancer avec le groupe. On a eu la chance de travailler avec Daniel Coborn, le batteur de Ringo Deathstarr. C'était super excitant et on a beaucoup appris sur la façon d'enregistrer la musique. All Stars c'était une vraie étape pour le groupe et ça restera la cassette la plus violente à écouter dans un Renault Express.

 

Nous avons récemment découvert de nombreux groupes Lillois, que pensez-vous de la scène musicale lilloise ?
 

Il y a un vrai vivier bien animé sur Lille et dans le Nord en général. En plus, les styles sont très divers et c'est assez agréable. À côté des groupes, il y a de nombreuses personnes qui travaillent beaucoup pour que cette scène indé soit toujours aussi foisonnante. Des bars, des associations et d'autres organismes qui soutiennent la scène locale et les artistes underground, ce qui n'est pas toujours facile. Lille est une chouette ville, vous devriez y passer. Vraiment.

 

Vous avez déjà joué quelques fois à Paris, êtes-vous contents de revenir à la capitale ? Quels sont les souvenirs les plus marquants de ces concerts ?

Oui, toujours ! Ça nous change de Lille et puis y a le wifi dans le bus pour y aller. Puis c'est toujours stimulant de jouer en terrain inconnu et de rencontrer des gens, de recueillir de nouveaux avis... On a tous de bons souvenirs de nos étapes à Paris, c'est là bas qu'on a rencontré les copains de Buddy Records et les supers En Attendant Ana ! Le Supersonic reste notre meilleur concert sur Paris, notre première scène vraiment propre niveau technique et en son, c'est rigolo de s'entendre dans les retours aussi, parfois.

 

Avez-vous un message à transmettre aux personnes qui vont bientôt venir vous voir aux release partys à Lille et à Paris ?

On se sera brossé les dents.

 

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Bandcamp (écouter le nouvel EP via ce lien)

 

Les soirées release party :

Lille (with Low Bats) 14/02

Paris 15/02

 Crédit photo : Bénédicte Dacquin

Crédit photo : Bénédicte Dacquin

INT FR, FRENCHMarc Harvey